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Retour d'expérience, témoignage ♦ Apport en connaissance

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Pr Denis VINCENT, Professeur de médecine interne, référent de la télé-expertise, CHU de Nîmes

En 2009, le Centre Hospitalier de Langogne (situé à trois heures de voiture de Nîmes dans une zone rurale et isolée) était menacé de fermeture à cause de la désertification médicale : trois médecins généralistes pour six mille habitants en 2008 et une faible attractivité médicale. Pour pallier le manque de ressources médicales, les médecins généralistes de ce village, qui assurent la présence médicale au Centre Hospitalier de Langogne, ont initié avec l’appui de l’ARS, un partenariat avec le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nîmes. Celui-ci, initialement basé sur l’échange et le partage de cas cliniques, repose aujourd’hui sur des prestations de télé-expertise entre les médecins généralistes de Langogne, aidés sur la plan technique par le Centre Hospitalier de Langogne et le CHU de Nîmes.

Fonctionnement

Une synthèse du dossier médical nécessitant une télé-expertise est réalisée par le médecin généraliste et transmise par messagerie sécurisée au coordinateur de la télé-expertise du CHU de Nîmes. Celui-ci centralise les demandes et si besoin, les transfère à un spécialiste. Les équipes médicales, de part et d’autre de la région, se réunissent une fois par semaine en visio-conférence pendant une heure pour échanger sur les dossiers patients et adapter les soins.

Afin d’assurer la continuité du service, un référent « télé-expertise » a été nommé par service, avec un remplaçant clairement identifié.

La technologie déployée permet d’assurer la confidentialité des informations et la fluidité des échanges : web caméra et écran avec une connexion au pont informatique de Nîmes par fibre optique et une ligne sécurisée.

Pour assurer la gouvernance de ce partenariat, un comité de pilotage au sein du CHU a été créé. Il est composé du coordinateur et d’un référent par service mobilisé pour répondre aux demandes de Langogne. Cette instance a pour but de coordonner le dispositif et de répondre aux demandes. Elle se réunit donc une fois par semaine avec les acteurs impliqués.

Le développement de la télémédecine dans plusieurs autres spécialités, a incité le CHU de Nîmes à créer une commission chargée de coordonner toutes les activités de télémédecine et téléconsultation et de les valoriser.

Bilan de cette télé-expertise

Après plus de dix ans de fonctionnement, le bilan de cette télé-expertise est multiple :

Côté patient, l’accès aux spécialités d’un CHU depuis sa « campagne » et la confiance accrue avec son médecin généraliste, directement connecté au CHU sont reconnus.

Côté médecin généraliste, il s’agit d’une occasion de développer les partenariats universitaires (terrain de stage universitaire pour les internes) et de se former (Formation Médicale Continue). Ce partenariat a également favorisé l’installation de trois médecins généralistes depuis 2008. Les prises en charge de leurs patients sont optimisées et ciblées vers la « bonne » spécialité et les délais d’accès aux avis spécialisés et aux consultations sont réduits. Les diagnostics sont discutés et posés en concertation, les conduites à tenir sont partagées et permettent d’assurer une prise en charge coordonnée. Cette télé-expertise permet à la fois de connecter des médecins entre eux et de faire le lien entre la médecine générale de ville et la médecine de spécialité hospitalière.

Côté sociétal, cette expérience a participé à lutter contre les déserts médicaux, à réaliser des économies substantielles et à optimiser les ressources allouées. Enfin, elle aura permis de limiter les transports et transferts vers le CHU de Nîmes et le cas échéant, d’optimiser la durée de séjour des patients avec une prise en charge hospitalière courte et un transfert en soins de suite à Langogne ou un suivi à domicile avec le relai des médecins généralistes.

Avec une réunion hebdomadaire, réunissant six médecins autour de trois dossiers en moyenne, quarante-cinq réunions par an ont été tenues et plus de huit cent patients ont ainsi pu être pris en charge, toutes spécialités confondues.

En conclusion, les motivations pour les professionnels sont essentiellement orientées vers le patient, l’efficacité de sa prise en charge et le partage entre praticiens. En effet, ce partenariat ville-hôpital est basé sur le respect des compétences de chacun.

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Date de parution : 24/04/2019

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